Le Parlement européen a exprimé aujourd’hui ses priorités politiques pour le prochain cadre financier pluriannuel 2014-2020, alors qu’une nouvelle negotiating box est attendue d’ici quelques jours. Les négociations bilatérales seront ensuite dirigées par Herman Van Rompuy entre le 5 novembre et le 20 novembre, pour théoriquement aboutir lors du Conseil européen de la fin novembre.

« Parce que l’avenir de l’Europe se joue dans la bataille du budget européen, nous refusons un cadre financier au ras des pâquerettes » attaque Jean-Louis Cottigny, membre de la commission du budget. « L’avarice d’une poignée de gouvernements – principalement eurosceptiques – prend en otage l’avenir des européens. Leur obsession pour l’austérité révèle d’ailleurs une pulsion mortifère vis à vis du projet européen lui-même », ajoute l’eurodéputé.

« Pourtant, le budget de l’Union européenne représente un peu moins de 1 % de la richesse cumulée des 27 États membres. Surtout, le budget de l’Union, c’est un budget contracyclique qui permet de combattre la crise ensemble, dans la solidarité : si elles étaient mises en œuvre, les coupes sombres prônées par certains stériliseraient notre économie », précise Catherine Trautmann.

C’est pourquoi la délégation française du groupe S&D se félicite de la position du Parlement européen adoptée aujourd’hui, et appelle les Etats membres à respecter les prérogatives de l’unique Institution chargée de représenter les citoyens.

« Par ce vote, le Parlement européen s’oppose à toute tentative de réduire le niveau des dépenses, et souhaite enfin mettre un terme au poison du « juste retour », où chacun entend récupérer directement sa contribution au budget communautaire. Face à ce raisonnement à courte vue, nous souhaitons avec l’ensemble du Parlement européen la mise en place de ressources propres, en particulier une taxe sur les transactions financières. C’est aujourd’hui une ligne rouge : si le Conseil ne parvient pas à un accord politique sur ce point, le Parlement européen ne donnera pas son accord au volet dépenses », souligne Jean-Louis Cottigny.

« PME, recherche et innovation, Connecting Europe, ITER, Galileo, GMES, avenir de la jeunesse, Fonds européen d’ajustement à la mondialisation, programme d’aide aux plus démunis, lutte contre le changement climatique, politique de cohésion, politique agricole commune… les sujets sur lesquels il y a des besoins et une vrai plus value européenne ne manquent pas. Que la peste soit de l’avarice et des avaricieux ![1] », conclut Catherine Trautmann.

 


[1] Molière, L’avare, Acte I scène 3