Communiqué de presse de la délégation française du groupe S&D – 12 février 2026 – https://www.social-ecologie.eu/?p=18093
Nora Mebarek, co-Présidente de la délégation française du groupe S&D, membre de la Commission de l’emploi et des affaires sociales
Ursula von der Leyen a promis une stratégie de lutte contre la pauvreté dans son discours sur l’État de l’union. C’était l’une de nos conditions à sa réélection. Elle doit désormais tenir parole.
Aujourd’hui, le Parlement européen a adopté un rapport d’initiative appelant la Commission à bâtir cette stratégie. Notre position est claire : renforcer la coordination européenne contre la pauvreté et l’exclusion sociale, reconnaître la pauvreté comme une atteinte à la dignité humaine et fixer un objectif crédible et clair d’éradication de la pauvreté dans l’Union européenne d’ici 2035 au plus tard.
Le constat est alarmant. En 2024, 93,3 millions de citoyens Européens, dont 20 millions d’enfants vivaient en situation de pauvreté ou d’exclusion sociale. Cela exige des moyens, une obligation de résultats et de la volonté politique.
Lors du vote, nous avons soutenu notamment les amendements portant sur la Garantie jeunesse, la précarité menstruelle, la précarité alimentaire et le programme de l’UE à destination des écoles, ainsi que ceux visant la précarité liée au logement et le sans-abrisme
La pauvreté n’est pas un indicateur abstrait. Précarité de l’emploi, mal-logement, insécurité alimentaire, absence d’accès aux loisirs : c’est la situation de près de 100 millions d’Européens.
Soyons clairs. Une Europe qui tolère la pauvreté de masse ne sera jamais une Europe ni forte ni crédible. Nous refusons l’Europe des discours sans leviers réels. Sans moyens, l’Europe sociale ne peut exister.
Nous demandons des actes :
– Un cap lisible vers 2035 en étapes et une obligation de résultats.
– Un accès effectif aux biens de première nécessité et à un logement abordable.
– Un financement identifié dans le budget européen de long terme
Pour être efficace, cette stratégie doit s’appuyer sur des indicateurs communs, une évaluation annuelle des progrès et un « test anti-pauvreté » appliqué aux grandes politiques européennes, afin de ne plus créer de précarité d’une main et prétendre la corriger de l’autre.
Nous regrettons en revanche que la droite et l’extrême droite aient refusé de soutenir plusieurs avancées clés, notamment l’appel à une directive sur un revenu minimum adéquat. À ce stade, ce refus traduit un manque de volonté politique face à l’urgence sociale.
L’Europe n’a pas besoin d’un énième effet de manche. Elle a besoin d’un choix politique clair. Un cap, des moyens et des comptes à rendre.
L’Europe sera sociale ou elle perdra sa crédibilité.