Cette année, comme tous les ans, le Parlement européen a été appelé à se prononcer sur les « grandes orientations de politique économique » (GOPE) pour l’année 2006. Les GOPE représentent une tentative de coordination des politiques économiques dans l’UE qui doivent être soutenues dans leur principe.

 

Malheureusement, la majorité de droite du Parlement a saisi l’occasion du vote du rapport sur les GOPE 2006 pour faire passer une série d’orientations inacceptables. Selon Benoît Hamon, député européen PS, membre de la commission parlementaire des affaires économiques et monétaires, « la racine de la contreperformance économique européenne est identifiée dans « l’insuffisance des réformes structurelles », dans le « manque de flexibilité » de nos économies, dans la « sur-réglementation », alors que sont passés sous silence la faiblesse de la demande intérieure due à des salaires trop bas, la politique restrictive de la BCE, un budget européen bien en deçà des besoins, l’insuffisance des investissements publics européens et nationaux vers les objectifs de Lisbonne. »

 

Plus inquiétant encore, le Parlement ouvre une porte vers une concurrence fiscale effrénée en affirmant soutenir le projet de la Commission d’un « régime de l’imposition des PME dans l’État d’origine », c’est-à-dire le principe du pays d’origine en matière fiscale.

 

Sur le fond, nous nous trouvons devant un paradoxe, explique Pervenche Berès, présidente de la commission économique et monétaire: « Alors que la Banque centrale vient d’augmenter coup sur coup d’un point les taux d’intérêt, alors que la hausse du prix du pétrole compromet considérablement les conditions de la reprise au sein de l’Union européenne, alors que les conditions d’une reprise de la demande intérieure sont largement sous-estimées par tel ou tel interlocuteur à l’échelle de l’Union européenne, ces grandes orientations ne bougent pas! »

 

« Il nous semble que, de ce point de vue, nous devons faire ensemble davantage au moins sur un point: la stratégie en matière d’investissements », ajoute-t-elle. « Il s’agit d’insister sur la nécessité, pour véritablement mettre en œuvre la stratégie de Lisbonne, d’élaborer, à l’échelle de l’Union européenne, les plans d’investissement dont nous avons besoin pour appuyer les politiques qui doivent nous permettre de faire face aux défis qui sont les nôtres en matière de connaissances, de formation et d’emploi. »

 

Enfin, malgré le bon travail du groupe socialiste et de son rapporteur shadow, Udo Bullman, qui a réussi notamment à éliminer du texte l’appel « rituel » à la modération salariale, la Délégation  socialiste française ne pouvait en conscience soutenir ce texte et s’est donc abstenue.

Strasbourg, le 4 avril 2006