Donald Trump a annoncé avoir trouvé les bases d’un accord sur l’avenir du Groenland avec le Secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte. Prudents et n’ayant pas accès au contenu des négociations pour l’instant, nous demandons aux dirigeants européens réunis en Conseil ce soir de ne surtout pas baisser la garde.

Nous saluons chacune des initiatives européennes des derniers jours en solidarité avec le Groenland et le Danemark. L’envoi de troupes européennes au Groenland, le gel de la mise en œuvre de l’accord de Turnberry, l’évocation de l’instrument anti-coercition, la convocation d’un Conseil européen extraordinaire ; ces gestes des institutions européennes et de certains États membres dont la France ont fait reculer Trump. Pour l’instant.

Si le Président des Etats-Unis semble avoir renoncé dans l’immédiat à une opération militaire et à de nouveaux droits de douane, nous devons rester vigilants. Les fondamentaux de sa politique hostile à nos principes et nos intérêts stratégiques demeurent. Le Conseil européen doit montrer que nous sommes prêts à assumer le rapport de forces à tout moment et surtout s’accorder sur les bases d’un plan de souveraineté européenne.

Au Parlement européen, chaque jour, nous travaillons à la construction d’une puissance européenne autonome en suivant l’agenda de souveraineté que nous avions défendu pendant la campagne de 2024 et qui est devenu aujourd’hui le projet officiel du groupe S&D : souveraineté militaire avec le renforcement de notre industrie de défense ; souveraineté industrielle avec la préférence européenne ; souveraineté commerciale avec la protection de nos producteurs et de nos frontières contre la concurrence internationale déloyale ; souveraineté normative avec la défense de nos normes environnementales et de leur réciprocité ; souveraineté culturelle avec la lutte contre les abus des grandes plateformes ; souveraineté monétaire avec l’euro numérique…

L’heure est venue de prendre notre destin en main et de proclamer l’indépendance européenne.