Chloé Ridel, membre de la Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures et de la Commission des affaires étrangères.
De récentes révélations mettent au jour une réalité alarmante : des intérêts trumpistes américains cherchent activement à influencer la décision publique européenne et à affaiblir notre démocratie.
L’enquête de l’association Bloom, du journal allemand Der Spiegel et du journal Suédois Aftonbladet, révèle des pressions exercées autour de la loi « Omnibus » impliquant son rapporteur, eurodéputé suédois, et soulève de graves interrogations sur l’influence d’intérêts étrangers dans le processus législatif européen. Ces faits sont loin d’être isolés.
Au Parlement européen, un « sommet transatlantique » a été organisé la semaine dernière par l’extrême droite, réunissant des proches de l’administration Trump pour attaquer frontalement le Digital Services Act (DSA), pilier de la lutte européenne contre la désinformation et les ingérences étrangères.
Ces initiatives trouvent un écho direct dans les révélations du journal Financial Times de ce weekend : le gouvernement américain prévoit de financer des think tanks et organisations « MAGA » en Europe afin de combattre les réglementations européennes et de promouvoir les intérêts politiques de Washington au sein de l’Union.
Ces faits traduisent une stratégie assumée d’ingérence visant à affaiblir la souveraineté démocratique européenne. L’Union européenne ne peut accepter que ses lois, ses débats démocratiques et ses institutions soient instrumentalisés dans un projet de vassalisation politique.
La délégation française du groupe des Socialistes et Démocrates appelle à utiliser tous les moyens politiques, juridiques et institutionnels disponibles au Parlement européen pour lutter contre les ingérences étrangères américaines. De plus, nous saisissons dès aujourd’hui le Comité consultatif sur la conduite des députés afin de faire la lumière sur de possibles manquements au code de déontologie des membres du Parlement européen.
La défense de notre démocratie et de notre souveraineté n’est pas négociable.