Commissaire européenne dépêchée au « Conseil de la paix » de Donald Trump : nous sommons la Commission de s’expliquer
Raphaël Glucksmann, membre de la Commission des Affaires étrangères
Chloé Ridel, membre de la Commission des Affaires étrangères
Le « Conseil de la paix », initiative unilatérale de Trump avec pour mandat auto-proclamé de « résoudre les conflits dans le monde », se réunit les 19 et 20 février pour sa session inaugurale.
L’avenir du conflit israélo-palestinien, de la Bande de Gaza et des Palestiniens se retrouve donc entre les mains des alliés de Trump et d’une poignée de dirigeants autoritaires pro-MAGA. À leurs côtés et sans avoir reçu quelconque mandat des États membres de l’UE ni du Parlement européen, la commissaire à la Méditerranée Dubravka Šuica rejoint le rang des « observateurs ».
Alors que seuls deux États européens ont accepté de rejoindre cette initiative (dont la très autoritaire Hongrie) dont l’ambition affichée est de supplanter les Nations Unies, nous condamnons fermement la participation de la Commission européenne. Sans concertation préalable et hors de toute légitimité, la présence de Madame Suica vient de facto cautionner la posture et les ambitions de Trump : détruire les institutions multilatérales fondées sur le droit international ; imposer sa vision du monde par la force, au mépris des règles et alliances garantes de la paix depuis plus d’un demi-siècle ; évincer l’Europe pour établir un rapport de force dominé par Washington.
Avec notre groupe des socialistes et démocrates au Parlement européen, nous appelons à sortir de cette vassalisation vis-à-vis des Etats-Unis, et demandons à la Commission de s’expliquer sur les raisons et les objectifs réels de cette participation.
La paix doit rester un engagement exigeant, crédible et universel, ancré dans le droit international – et non laissé aux mains d’une poignée d’autocrates. L’Union européenne doit sortir de cette logique de complaisance avec Trump qui s’imagine déjà présider le monde.
Il est grand temps de mettre en place l’agenda de souveraineté européenne que nous appelons de nos vœux depuis 2024 : une Union européenne émancipée, libre, maîtresse de ses choix et de son destin.